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  • Pascale-Marie PEISSEL

Guatemala


C’est au moment de quitter l’hôtel avec nos sacs que M. se rend compte qu’elle a oublié sa paire de chaussettes mouillées sur le comptoir de l’épicerie. Suite aux débarquements successifs, elle s’était trempé les pieds, avait retiré ses chaussettes et les tenait à la main pour les faire sécher.


Huehuetenango (Huehue) est une ville productrice de café, et elle l’exporte. Il y a même la Bancafe, la banque du café. La boutique : à l’entrée, on y vend des chaussures, à droite des habits d’enfants, et dans le fond, le café. La vendeuse nous assoit dans un canapé tout défoncé et nous offre une tasse. Un salon de thé dans un magasin de chaussures, c’est original. Puis on se sépare. L’un veut trouver des autocollants, l’autre un coiffeur. F. et moi rentrons à l’hôtel pour ne pas manquer l’heure de la douche : l’eau chaude arrive de 18 heures à 21 heures seulement.

Le soir on se couche sans manger si ce n’est une barre de Crunch et des gâteaux secs. La tourista rôde encore et toujours, il faut faire attention.


La montée est très raide. J. et M. abandonnent au troisième virage. Au sommet, un curieux spectacle nous attend encore. Sur le sanctuaire Pascual Abaj un sorcier maya est en train de faire des incantations sur l’idole qui se trouva là : une statue complètement noircie par tous les rites qu’elle a déjà endurés. Un gamin nous explique que la statue représente le Dieu de la pluie, du maïs et des arbres. Bon. Le sorcier décline une litanie de paroles en jetant des bougies entières dans le feu qui se consume devant la statue, sur lesquelles il jette ensuite du sucre. Puis il arrose le Dieu avec une fiole d’alcool, et encore avec tout ce qui lui tombe sous la main. Aussi bien du Coca Cola (une bouteille entière), que du Crush, le jus d’orange local. Au passage il s’en jette un coup derrière la cravate. Le petit guide précise qu’il est en train de faire fuir les esprits.


Repas à nouveau avec une cucha en apéritif (on s’habitue). F. a invité un groupe de musiciens du village, qui se démènent pour nous jouer des airs de marimba, à quatre sur un xylophone unique. La marimba, parlons-en un peu. Ce sont des airs répétitifs à souhait, des morceaux dont on voit bien quand ils commencent, mais dont on ne sait jamais quand ils finissent. Une danse dure facilement de dix minutes à un quart d’heure. Parfois, l’air décline un peu, mais c’est lorsqu’on se dit que c’est fini que le morceau redémarre de plus belle. Il faut donc une bonne résistance physique si on accepte une danse.

Qu’importe. F., la cucha aidant sans doute, se trouve dans une forme extraordinaire, et épuise tour à tour les danseurs guatémaltèques, qui s’y connaissent pourtant question marimba. J. prétend les avoir vus après une virevoltée endiablée avec F., se laisser choir sur un muret en s’épongeant le front avant de se passer le relai.

Un seul a tenu le choc, et c’est plutôt lui qui aurait épuisé toute la gent féminine, celui que l’on attendait le moins dans de telles circonstances, à savoir le prêtre maya.De la taille de F., sec comme un coup de trique, il en a épuisé plus d’une. Sautant, tournant, bondissant. M. est allée se coucher avec le tournis, se plaignant qu’il avait les mains moites. On ne peut pas assurer sur tous les plans..

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